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  • Bad buzz et cancel culture : les campagnes de communication ratées, et comment s’en sortir

    Bad buzz et cancel culture : les campagnes de communication ratées, et comment s’en sortir

    Un post mal interprété, une pub jugée déplacée, un partenariat mal choisi… Aujourd’hui, il ne suffit que d’une vidéo pour qu’un bad buzz éclate. La cancel culture, très présente sur TikTok, ne laisse plus aucune erreur passer inaperçue. Certaines sombrent, d’autres rebondissent. Comment s’en sortir, ou mieux encore, comment l’éviter… 

    L’ère de la cancel culture sur TikTok

    L’influence des micro-scandales 

    Aujourd’hui, il ne faut plus un énorme scandale pour déclencher un bad buzz. Un simple geste mal interprété, un vieux tweet qui refait surface, une collab jugée douteuse… et c’est la descente aux enfers. TikTok a donné une voix à tous les utilisateurs, et chacun peut pointer du doigt ce qu’il considère comme problématique. C’est l’ère des micro-scandales : petite erreur = gros dégâts. 

    TikTok : tribunal de l’opinion

    TikTok est devenu un véritable tribunal où chacun peut donner son avis.  La rapidité des réactions et le côté émotionnel poussent à des jugements parfois très sévères, voire radicalisés. L’espace commentaire est un endroit dangereux, où n’importe qui peut s’exprimer et souvent, de façon anonyme. Ce réseau favorise l’effet de masse : dès qu’une vidéo commence à faire polémique, elle est partagée, commentée, et amplifiée en l’espace de quelques minutes. 

    Cancel mais pas effacé

    La cancel culture, bien qu’elle soit souvent perçue comme une fin, n’est pas forcément synonyme de disparition. Certaines marques ou personnalités arrivent à rebondir après un bad buzz, en adaptant leur communication ou en adoptant une vraie stratégie de crise, car TikTok n’oublie rien… 

    Cette dynamique montre que l’erreur peut parfois être une opportunité, à condition de savoir la gérer.

    3 marques qui ont frappé à la porte du bad buzz 

    Prime Energy et la communication toxique 

    Prime Energy est la boisson énergisante lancée en 2023 par les influenceurs KSI et Logan Paul, deux personnalités très connues d’internet. Pourtant, dès sa sortie en août 2023, la boisson a été massivement critiquée sur TikTok. Beaucoup d’utilisateurs ont dénoncé les composants trop chimiques avec un taux de caféine bien trop élevé. Le problème : le public cible des deux influenceurs sont de jeunes adolescents et enfants. Les vidéos de déballage et de dégustation négatives ont rapidement fait le buzz, poussant Prime Energy à devoir gérer une communication de crise intense. La marque a publié des excuses et annoncé vouloir améliorer sa recette, mais le mal était déjà fait. Ce bad buzz illustre à quel point une marque lancée par des influenceurs doit être à la hauteur des attentes, sous peine d’un retour de bâton immédiat. 

    Logan Paul et KSI avec leur boisson "Prime Energy"

    Voir l’article  » La boisson énergisante Prime fait l’objet d’un rappel  »

    Dolce & Gabbana, le scandale à l’international 

    En 2018, la maison italienne Dolce & Gabbana se lance dans une campagne en Chine pour promouvoir un défilé à Shanghai. Dans une série de vidéos postées sur les réseaux sociaux, une mannequin asiatique tente de manger des plats italiens typiques (comme une pizza ou un cannoli) avec des baguettes, le tout accompagné d’une voix off moqueuse et stéréotypée. L’intention “humoristique” tombe à plat : les vidéos sont jugées racistes, condescendantes et insultantes envers la culture chinoise. Quelques jours plus tard, Domenico Dolce et Stefano Gabbana publient une vidéo d’excuses en chinois sous-titré (mal traduit), les mains jointes, les visages fermés. Ils affirment « aimer la Chine » et demandent pardon… mais le mal est fait.

    Le scandale explose littéralement sur Weibo (le Twitter chinois) et TikTok. Des célébrités locales, des mannequins et des influenceurs annoncent leur boycott immédiat, forçant la marque à annuler son défilé quelques heures avant le lancement. Leur gestion de crise a été maladroite, excuses peu sincères et données trop tard, la marque s’est vu perdre la confiance d’un grand nombre d’internautes. 

    Balenciaga : le scandale de trop

    En novembre 2022, Balenciaga a déclenché un bad buzz majeur après la publication de publicités sur TikTok et Instagram, jugées choquantes et inappropriées. Ces publicités montraient des enfants avec des accessoires liés à un univers adulte, ce qui a provoqué une vague d’indignation. Sur TikTok, de nombreux utilisateurs ont dénoncé un mauvais goût et une exploitation de l’image des enfants. La marque a rapidement retiré les campagnes et présenté des excuses publiques, mais le scandale a duré plusieurs semaines, affectant gravement son image. Ce cas est devenu un exemple emblématique de la façon dont une erreur de communication peut exploser sur les réseaux sociaux, surtout auprès d’une audience sensible aux questions éthiques. 

    Pub Balenciaga enfants

    Gérer une crise en 2025 : ce qu’il faut retenir

    La sincérité avant le damage control

    Aujourd’hui, le public sent tout. Une excuse peu sincère, trop corporate, trop tardive ? C’est cramé en deux secondes. Les internautes, surtout sur TikTok, veulent voir de l’authentique.

    Admettre l’erreur, sans détour, peut parfois désamorcer une crise bien plus vite qu’un communiqué rédigé sans fond. 

    Anticiper les risques

    Un bon service de comm aujourd’hui, ce n’est pas juste des jolies stories et des vidéos drôles. C’est surtout une équipe capable de dire “euh… cette idée, c’est non”. L’anticipation, c’est avoir une vraie stratégie en amont : imaginer les pires scénarios, écouter les signaux faibles, comprendre les sensibilités de son audience. 
    C’est aussi connaître les tendances : ce qui buzz aujourd’hui peut s’enflammer demain. Il faut savoir où on met les pieds, surtout sur TikTok, où les retournements sont ultra rapides. 

    Les excuses : quand, comment, à qui

    Demander pardon, c’est un art. Trop tôt, ça peut paraître faux. Trop tard, c’est foutu. Et surtout : il faut savoir à qui on s’adresse. Une excuse en story Insta alors que le bad buzz a éclaté sur TikTok ? Mauvaise stratégie, elle peut facilement se perdre et passer sous la trappe. 
    Il faut parler là où l’audience est, dans le bon ton, et avec les bons formats sans mettre la poussière sous le tapis. Ça peut être une vidéo face cam, une déclaration écrite, ou même une collab pour réparer. L’essentiel : ne pas fuir, et surtout, rester sincère sans minimiser! 

    Et si c’était une chance ? Prenons l’exemple de Léna Situations

    Crise = opportunité ?

    Dernier exemple en date ? Une vidéo TikTok postée en avril 2025, où on la voit danser aux côtés de Marcus, son meilleur meilleur ami. Suite à cette vidéo, une vague de haine surgit dans les commentaires, la qualifiant de termes misogynes. Face à ces attaques, elle a répondu avec humour en publiant une vidéo promotionnelle pour un body sculptant de sa marque Hotel Mahfouf, accompagnée d’un code promo « TANA » offrant 10% de réduction. Cette réponse a été saluée pour sa créativité et son efficacité, transformant une situation négative en opportunité de communication positive. 

    Restaurer la confiance avec sa communauté 

    Léna Situations est régulièrement confrontée à des critiques sur les réseaux sociaux, souvent liées à ses choix vestimentaires ou son corps. Plutôt que de se laisser submerger, elle utilise ces moments pour renforcer son image et sa relation avec sa communauté. En réagissant avec humour et en restant fidèle à elle-même, elle montre qu’il est possible de naviguer dans les micro-scandales sans compromettre son intégrité. 


    À l’ère où un TikTok peut tout faire basculer, la communication de crise ne peut plus être improvisée. Les marques qui s’en sortent sont celles qui écoutent, qui réagissent vite, et surtout, qui restent vraies. Aujourd’hui, se planter peut arriver à tout le monde — mais ce qui compte vraiment, c’est la manière de rebondir. Et parfois, un bad buzz bien géré, c’est aussi une opportunité pour renforcer son image.  

    Alors, cancel ou comeback ? À vous de jouer. 

  • Quand les RP virent au scandale : top des pires bad buzz

    Quand les RP virent au scandale : top des pires bad buzz

    Entre erreurs de communication, crises mal gérées et réseaux sociaux incontrôlables, certaines marques ont vu leur image s’effondrer en quelques heures. Retour sur ces cas de bad buzz en RP.


    Les relations publiques sont souvent la clé pour construire, entretenir et protéger l’image d’une marque. Bien menées, elles créent de la confiance, suscitent l’adhésion et renforcent la notoriété. Mais quand elles dérapent par maladresse, impréparation, déconnexion du réel,… elles peuvent vite tourner au cauchemar.

    À l’ère des réseaux sociaux, où l’information circule à la vitesse de la lumière et où chaque faux pas peut devenir viral, les conséquences d’une erreur de communication sont parfois dévastatrices.

    Dans cet article, je vous propose de revenir sur plusieurs bad buzz RP qui ont marqué les esprits. L’idée n’est pas de pointer du doigt, mais de comprendre ce qui a mal tourné… et d’en tirer des leçons utiles pour toute stratégie de communication, petite ou grande.


    Comprendre le bad buzz : une bombe à retardement médiatique

    Définition du bad buzz

    Un bad buzz désigne une médiatisation importante et négative d’un message, d’un contenu ou d’un comportement d’une marque. Contrairement au buzz classique, souvent neutre ou positif, le bad buzz entraîne un rejet massif et viral, pouvant avoir des conséquences sérieuses sur la réputation et les résultats commerciaux.

    Rôle des RP dans la prévention et la gestion

    Les relations publiques ont deux missions essentielles :

    • Anticiper les risques grâce à une planification rigoureuse, une veille attentive et une prise en compte de la diversité des points de vue.
    • Réagir rapidement et avec transparence, en adoptant un ton adapté.

    Lorsque ces deux aspects sont négligés, la crise peut rapidement s’amplifier et devenir difficile à maîtriser.


    Quand les RP dérapent : top 5 des pires bad buzz de marque

    1.Pepsi – La pub avec Kendall Jenner (2017)

    En 2017, Pepsi lance une publicité où Kendall Jenner rejoint une manifestation et apaise la tension en offrant une canette à un policier. Le message, voulu pacifique, est perçu comme une banalisation des luttes sociales, notamment du mouvement Black Lives Matter. Les critiques soulignent que la marque utilise à tort des causes graves pour vendre un produit. Face à l’indignation massive, Pepsi retire immédiatement la campagne et présente des excuses publiques, mais son image reste durablement entachée.

    2. H&M – Le sweat « Coolest Monkey in the Jungle » (2018)

    H&M diffuse une publicité montrant un enfant noir portant un sweat-shirt avec l’inscription « Coolest Monkey in the Jungle ». Cette image suscite une vive polémique, jugée raciste par une large partie du public. L’erreur vient d’un manque évident de vigilance sur la symbolique du message et l’absence d’un contrôle multiculturel. Le bad buzz entraîne un boycott dans plusieurs pays, obligeant H&M à s’excuser publiquement et à revoir ses processus internes.

    Publicité H&M montrant un sweat vert avec l’inscription “Coolest Monkey in the Jungle”, porté par un enfant noir, source de polémique pour racisme en 2018. Exemple emblématique de bad buzz en relations publiques.

    3. Balenciaga – La campagne jugée inappropriée (2022)

    En 2022, Balenciaga lance une campagne de Noël montrant des enfants posant avec des accessoires BDSM. Cette esthétique choque profondément l’opinion publique qui dénonce une sexualisation inappropriée de l’enfance. Le scandale met en lumière un grave manque de contrôle et de filtre éthique au sein de la marque. Balenciaga retire la campagne, mais subit une forte perte de crédibilité et de partenariats.

    4. Burger King – Tweet sexiste du 8 mars (2021)

    Pour la Journée internationale des droits des femmes, Burger King publie un tweet provocateur : « Women belong in the kitchen », censé dénoncer le manque de femmes chefs. Mais hors contexte, le message est perçu comme sexiste et déclenche une polémique immédiate. Cette erreur de ton et de timing nuit à l’image de la marque, qui supprime rapidement le tweet.

    5. Dolce & Gabbana – Le fiasco en Chine (2018)

    Dolce & Gabbana publie une série de vidéos montrant une femme chinoise maladroitement manger de la nourriture italienne avec des baguettes, accompagnées de commentaires jugés condescendants. Rapidement accusée de racisme, la marque est aussi confrontée à la fuite de messages insultants du cofondateur Stefano Gabbana. Le scandale provoque un boycott massif en Chine, l’annulation d’un défilé important et des pertes économiques majeures sur un marché clé.


    Analyse : les erreurs classiques en RP qui mènent au scandale

    Manque d’anticipation

    Beaucoup de marques lancent des campagnes sans suffisamment tester leurs messages auprès de publics divers. Ce défaut d’anticipation laisse passer des maladresses ou des messages mal interprétés, qui ne sont découverts qu’après publication, quand il est souvent trop tard.

    Ton décalé ou maladroit

    Chercher à provoquer pour faire le buzz est un pari risqué. Un ton mal choisi, surtout sur des sujets sensibles comme le genre, la race ou la politique, peut rapidement être perçu comme offensant, déclenchant un rejet massif.

    Mauvaise gestion post-crise

    Face à une crise, l’immobilisme ou des excuses mal formulées peuvent aggraver la situation. Ne pas répondre ou répondre de façon évasive donne souvent une image d’arrogance ou de mépris, ce qui envenime encore plus le bad buzz.

    Absence d’excuses claires ou crédibles

    Des excuses vagues, du type « désolés si vous avez été offensés », sont généralement perçues comme hypocrites. Il est essentiel d’assumer ses erreurs clairement, de présenter des excuses sincères et d’annoncer des actions concrètes pour réparer les torts.


    Comment éviter le pire ? Les bonnes pratiques RP

    Être à l’écoute de son audience

    La vigilance permanente est la base : surveiller les tendances, écouter les critiques et dialoguer avec les communautés permet d’anticiper les réactions négatives avant qu’elles ne s’emballent.

    Réagir vite, mais bien

    En cas de crise, les premières heures sont décisives. Il est essentiel de réagir rapidement, car le silence peut être interprété comme du mépris ou un aveu de culpabilité.

    Mais la vitesse ne doit pas se faire au détriment de la qualité du message. Une bonne réponse doit être honnête, claire et humaine. Elle montre que la marque prend la situation au sérieux, qu’elle écoute son public, et qu’elle agit avec responsabilité.

    Mieux vaut une déclaration simple et sincère qu’un discours trop lisse et stratégique, qui risque de renforcer la méfiance.

    Anticiper les réactions

    Faire relire ses messages par des personnes issues de cultures et de milieux différents, tester les campagnes auprès de publics variés : ce sont des réflexes simples qui permettent d’éviter des maladresses coûteuses.

    Savoir présenter des excuses authentiques

    Savoir présenter des excuses authentiques signifie reconnaître clairement le tort causé, expliquer honnêtement sans chercher à se dédouaner, et annoncer des mesures concrètes pour réparer les dommages.


    Pour finir

    Les bad buzz en RP analysés ici démontrent une vérité essentielle : en communication, la moindre erreur peut rapidement dégénérer en tempête médiatique.

    Certaines marques, bien accompagnées et réactives, ont su rebondir. D’autres, en revanche, ont vu leur réputation s’effondrer durablement, avec un impact direct sur leur image, leur crédibilité et parfois même leur chiffre d’affaires.

    Dans un monde où les réseaux sociaux peuvent faire et défaire une réputation en quelques heures, il est plus crucial que jamais de se préparer au pire pour mieux l’éviter.

    Ces différents bad buzz nous rappellent à quel point les RP nécessitent anticipation, écoute et agilité. Mais dans un monde en constante évolution, un nouvel acteur vient bouleverser les codes : l’intelligence artificielle.

    Pour comprendre comment l’IA redéfinit les pratiques et outils des relations publiques, je vous invite à lire cet article de Johanna sur l’impact de l’IA dans les RP.

    Et vous, comment votre entreprise se prépare-t-elle à gérer une crise RP ? Avez-vous les bons réflexes pour transformer un faux pas en opportunité de transparence et de renouveau ?


  • Bad buzz, controverse et perte de crédibilité : retour sur la pub Pepsi Kendall Jenner

    Bad buzz, controverse et perte de crédibilité : retour sur la pub Pepsi Kendall Jenner

    En avril 2017, Pepsi sort une publicité avec Kendall Jenner, mannequin star et figure influente des réseaux sociaux. Le concept ? Une manifestation cool, des jeunes de tous horizons qui défilent joyeusement et Kendall qui, en pleine séance photo, rejoint le mouvement pour tendre une cannette de Pepsi à un policier. L’image se veut pacifiste, symbolique, rassembleuse. Mais le résultat est tout l’inverse.

    🎥 https://www.youtube.com/watch?v=uwvAgDCOdU4

    En quelques heures, le spot devient viral pour de mauvaises raisons : banalisation des luttes sociales, récupération marketing, message vide. Face au tollé, Pepsi retire la campagne et présente des excuses. Ce cas, aujourd’hui emblématique, est une leçon de communication : comment un message mal calibré peut nuire à l’image d’une marque.

    Pour nous, futur.es communicant.es, c’est un exemple frappant de ce qu’il ne faut pas faire. Et surtout, une occasion de réfléchir à ce que signifie vraiment « s’engager » quand on est une marque, à une époque où chaque mot est scruté, commenté, détourné.

    Dans cet article, je décortique les raisons de ce bad buzz, les erreurs commises, et surtout les enseignements à tirer quand on veut vraiment faire de la communication inclusive et responsable.

    Pepsi, Kendall Jenner : une campagne entre engagement sociétal et marketing inclusif

    L’ambition d’un message engagé

    À l’origine, Pepsi voulait faire passer un message positif : celui d’une jeunesse unie, tolérante, en mouvement. La marque espérait capturer l’air du temps, les élans militants d’une génération qui se mobilise. Le casting est calibré : Kendall Jenner, influenceuse ultra-visible, censée représenter une jeunesse moderne et concernée. Le décor aussi : une foule multiculturelle, des pancartes vagues type « Join the conversation« , et une ambiance de fête.

    Le choix de Kendall n’était pas anodin : elle incarne une forme de neutralité glamour, dépolitisée, qui pouvait rassurer les annonceurs tout en touchant les jeunes.

    Sur le papier, on peut comprendre l’intention. Mais sur écran, ça sonne creux. Et pire : ça détonne.

    Une représentation du militantisme problématique

    Le souci ? La superficialité. Les manifestations sont montrées comme des moments joyeux, aseptisés, sans tension ni revendication réelle. Le geste final – donner une canette de sofa à un policier – a été vu comme une caricature des tensions entre manifestants et forces de l’ordre, notamment aux États-Unis dans le contexte de Black Lives Matter. Résultat : incompréhension, colère, rejet.

    Foule de personne qui manifeste avec des pancartes
    Foule de personne qui manifeste avec des pancartes

    Ce qu’on retient : quand on veut parler de militantisme, il faut le faire avec une nuance, respect et surtout compréhension des enjeux.

    Utiliser des symboles sans les comprendre ou les détourner pour « faire joli« , c’est prendre le risque de heurter les personnes concernées. Un bon message engagé ne peut pas être juste esthétique, il doit avoir du fond.

    Les raisons du bad buzz, de la controverse et de la perte de crédibilité

    Opportunisme ou récupération ?

    Le plus gros reproche adressé à Pepsi, c’est celui de l’opportunisme. Utiliser des codes militants – slogans, symboles, confrontation avec la police – pour vendre un soda, c’est perçu comme une récupération. Beaucoup y ont vu une tentative maladroite (voire cynique) de transformer des luttes profondes en storytelling de marque.

    En communication, le timing est crucial. Ici, le timing était mauvais : le climat social était tendu, les violences policières au coeur de l’actualité. Ignorer ce contexte, c’est se tirer une balle dans le pied.

    Et ça, le public ne le pardonne pas. Parce qu’on ne joue pas avec des causes graves pour booster son image.

    Le manque d’authenticité perçu

    Autre erreur majeure : le manque de sincérité. Rien, dans le discours ou la mise en scène, ne semblait ancré dans une vraie compréhension des luttes sociales. La pub ressemblait plus à un clip publicitaire stylisé qu’à un engagement réel. Et aujourd’hui, les consommateurs sont vigilants : ils veulent des marques qui s’engagent pour de vrai, pas juste en surface.

    L’authenticité, ce n’est pas seulement une tendance. C’est devenu une exigence. Les jeunes générations veulent du réel, du concret, du vécu. Une marque qui triche sur ça perd beaucoup plus qu’un client : elle perd une crédibilité difficile à regagner.

    L’explosion sur les médias sociaux et la communication de crise

    Sur les réseaux sociaux, la sanction a été immédiate. Twitter, Instagram, YouTube : la pub a été moquée, détournée, analysée. Des hashtags anti-Pepsi sont apparus. Des vidéos parodiques ont tourné. En moins de 48 heures, Pepsi retire la pub et publie un communiqué d’excuses.

    Ce retrait rapide, c’est le minimum. Mais il n’a pas suffi à effacer l’impression d’un énorme raté.

    Ce qui aurait pu être un simple flop marketing s’est transformé en bad buzz planétaire, car il a touché une corde sensible. Les internautes ne se sont pas contentés de « ne pas aimer » : ils ont déconstruit, critiqué, dénoncé.

    Leçons à retenir : vers une communication authentique et responsable

    L’importance d’un engagement authentique

    L’affaire Pepsi montre qu’on ne peut pas inventer un engagement de toutes pièces. Une campagne inclusive ou militante demande du travail : écouter, consulter, comprendre, co-construire. Il faut s’entourer de personnes concernées, s’informer, aligner le discours aux valeurs réelles de la marque. Sinon, on risque le retour de flamme.

    Poignée de main en signe d'accord
    Poignée de main en signe d’accord

    Ça implique aussi de s’engager en interne. Avoir une équipe diverse, des pratiques éthiques, une vraie politique RSE. L’image externe doit être le reflet d’un travail de fond.

    Gérer efficacement la communication de crise

    Quand une campagne tourne mal, la réaction doit être rapide et pertinente. Dans le cas de Pepsi, les excuses étaient nécessaires, mais n’ont pas suffi à restaurer la confiance. Une bonne communication de crise, c’est aussi faire preuve d’humilité, expliquer les erreurs et prendre des engagements concrets pour ne pas les reproduire.

    Les excuses ne doivent pas être perçues comme une stratégie de contrôle des dégâts, mais comme une vraie prise de conscience. C’est toute la différence entre « se justifier » et « reconnaître ».

    Le marketing inclusif, un enjeu délicat

    L’inclusivité ne se résume pas à montrer des visages divers ou à coller un message vague sur une pancarte. C’est une démarche globale, qui doit se traduire dans les actions internes, les choix créatifs, les valeurs défendues au quotidien. Une campagne inclusive réussie, c’est une campagne crédible. Et pour cela, il faut du fond, pas juste de la forme.

    Et surtout, il faut accepter qu’on ne maîtrise pas tout. Il vaut mieux co-créer avec les communautés concernées, plutôt que de parler à leur place.

    Ce qu’on apprend aussi de cette affaire, c’est que le silence peut parfois être plus stratégique que le discours mal maîtrisé. Toutes les marques n’ont pas besoin de s’exprimer sur tous les sujets d’actualité. Si le sujet est sensible et qu’on n’a ni la légitimité ni la compréhension nécessaire, il vaut mieux le soutenir discrètement ou passer son tour. Parce qu’aujourd’hui, le public valorise autant la cohérence que l’action.

    Conclusion

    La publicité Pepsi avec Kendall Jenner est devenue un contre-exemple. En voulant envoyer un message positif sur l’unité et l’engagement, la marque a raté sa cible.

    Points d'interrogation
    Points d’interrogation

    Pourquoi ? Parce que son message manquait de cohérence, de sincérité et de respect pour les causes abordées. Ce qui devait inspirer a finalement offensé.

    Aujourd’hui, toute marque qui veut s’engager sur des sujets sensibles doit le faire avec honnêteté. Le public attend des preuves, pas du blabla. L’authenticité est devenue la nouvelle monnaie de confiance. Et une erreur, aussi rapide soit-elle à corriger, laisse des traces.

    Et toi, tu en penses quoi ? Est-ce que cette pub t’avait choqué à l’époque ? Est-ce que tu penses que les marques peuvent encore s’engager sans être accusées de récupération ? Partage ton avis en commentaire, on en discute !

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